Un parfum à un exemplaire

Posted on by on juin 18th, 2015 | Commentaires fermés

Si ce qui est rare est cher, alors ce parfum-là est très cher. Et pourtant, il a été réalisé par un novice en la matière : moi-même. Lundi dernier, j’ai en effet créé mon propre parfum dans le cadre d’un atelier de parfumerie. Ca s’est passé dans le 7ème arrondissement, et je dois bien admettre que ça m’a captivé. C’est à la fois une découverte et un casse-tête. Une découverte, car on y renoue avec un monde qu’on a tendance à oublier : le monde des odeurs, omniprésentes mais parfois oubliées dans ce monde d’écrans qui donne la part belle au sens de la vision. Mais aussi un casse-tête, complexe mais pourtant passionnant à résoudre. C’est ce second aspect auquel je ne m’attendais pas avant d’y assister qui m’a le plus frappé. Je me suis tout de suite senti un peu dépassé par l’ampleur de la tâche lorsque je me suis retrouvé devant plus de 120 flacons, chacun contenant une senteur spécifique à découvrir. Parce qu’un parfum combine en effet 100 produits différents. Pour l’atelier, il n’était heureusement question de n’en associer que vingt, mais cela demande tout de même pas mal d’efforts et de concentration. Car cela demande une certaine finesse. Pour résumer dans les grandes lignes, un parfum est un mélange de 3 notes : celles de tête, de coeur, et de fond. L’objectif est donc de créer ces notes tout en veillant à ce quelles s’harmonisent entre elles. Ce qui est loin, très loin d’être évident. C’est d’ailleurs pour ça que chaque participant dispose de 3 essais et peut repartir avec celui qui lui semble le plus réussi. En ce qui me concerne, si j’avais dû me contenter de mon premier essai, il m’aurait seulement servi de sent-bon pour les wc ! :) Mais le plus difficile, à mon avis, ce n’est pas tant de composer : c’est de perdre le contrôle. Si on pense trop, on se prive d’emblée de certains rapprochements pourtant intéressants. Pour prendre un exemple parmi tant d’autres, j’aurais eu tendance à éliminer d’emblée les fleurs (puisque je réalisais un parfum pour homme, et que les fleurs, ça ne fait pas viril). Mais le maître-parfumeur m’a appris que les senteurs de fleurs ne procurent pas forcément une note florale au parfum. Elles peuvent au contraire amener une touche poudrée, piquante, vive… Il faut donc sentir toutes ces fragrances pour reconnaître la note qui les caractérise. Si l’on garde ses préjugés, on passe à côté de beaucoup de choses : on réduit un terrain de jeu presque infini à un bac à sable ultra-conventionnel. Je dois dire que s’affranchir de ces idées reçues, de se laisser porter par les sensations, est une expérience assez captivante à vivre, encore meilleure que le parfum qu’on emporte au final avec soi ! Voici une expérience à découvrir avec le spécialiste de la création de parfum. Suivez le lien pour en savoir plus.

« Vers plus d’OPA
Conférence SNCF/Pop »