L’Islande: succès d’une reconquête

Posted on by on décembre 22nd, 2016 | Commentaires fermés

Face aux risques d’échec de la politique budgétaire, les responsables politiques doivent continuer à donner la priorité à la réduction de la dette. L’allègement de la dette brute réduirait des coûts d’emprunt très élevés (taux d’intérêt effectif d’environ 5.5 %) qui sont supérieurs au rendement des actifs financiers des administrations publiques (environ 2 %). Une autre raison de réduire les engagements financiers tient au déficit de financement des retraites publiques (l’estimation actuelle de la dette implicite avoisine 20-25 % du PIB). Enfin, la création de marges de manoeuvre budgétaires plus importantes permettrait aux pouvoirs publics de réagir à de futurs chocs économiques ou financiers déstabilisants, dont une levée brutale des mesures de contrôle des mouvements de capitaux. L’État détient des actifs financiers représentant environ 66 % du PIB. Toutefois, il serait impossible de s’appuyer sur la totalité d’entre eux si les finances publiques devaient être mises sous pression à court terme. Fin 2014, les actifs financiers des administrations publiques englobaient du numéraire et des dépôts (27 % du PIB), des actions et autres participations (21 % du PIB) et des prêts et autres comptes à recevoir (19 % du PIB). Les actifs de l’État sous la forme de réserves de change destinées à être utilisées par la banque centrale représentaient environ 25 % du PIB. Les autres actifs financiers peuvent être difficiles à mobiliser en cas d’urgence. Par exemple, en ce qui concerne la participation de l’État dans Landsbankinn, l’approbation du Parlement est exigée pour la cession d’actions supplémentaires et, en situation de crise, les ventes à des prix dérisoires peuvent s’imposer. Les engagements conditionnels importants sous la forme de garanties de l’État semblent indiquer que la position débitrice nette mesurée est peut-être quelque peu illusoire. La Caisse de crédit au logement (CCL), qui a facilité l’accès à des prêts hypothécaires, avec une garantie de l’État, fait peser un risque financier élevé. La CCL a peiné récemment car les banques commerciales offrent des taux d’intérêt plus bas, freinant ainsi la croissance des nouveaux prêts hypothécaires, tandis que les clients actuels ont pour beaucoup procédé à un remboursement anticipé. Comme le taux de défaillance avoisine 8 %, la CCL a essuyé des pertes, de sorte que l’État a dû la recapitaliser périodiquement (à hauteur d’environ 50 milliards ISK jusqu’à présent, soit 2.5 % du PIB 2014). Le montant total de la garantie de l’État au profit de la CCL avoisine 881 milliards ISK (44 % du PIB 2014). Le projet actuel de liquidation de la CCL s’avère donc pertinent. Plutôt que d’utiliser la CCL pour apporter une aide universelle à l’accession à la propriété, l’Islande devrait cibler son soutien financier sur les familles à faible revenu qui souhaitent louer, stratégie plus efficace et moins onéreuse. A lire sur séminaire Islande.

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