Le nouveau challenge Alstom

Posted on by on novembre 23rd, 2016 | Commentaires fermés

Le groupe industriel français Alstom, dont la branche énergie est en passe d’être absorbée par l’américain General Electric, a accepté de payer une amende de 700 millions de dollars (559 millions d’euros) dans une affaire de corruption présumée en Asie pour solder des poursuites aux Etats-Unis. Révélée par l’agence Bloomberg, cette amende serait la plus élevée jamais infligée à un groupe dans le cadre de la loi américaine sur les pratiques de corruption à l’étranger (Foreign Corrupt Practices Act). La pénalité dépasse celle de 450 millions de dollars payée par son concurrent Siemens en 2008 pour régler à l’amiable un scandale de corruption. Le groupe allemand avait aussi dû payer 350 millions de dollars au Securities and Exchange Commission (SEC), l’équivalent de l’AMF aux Etats-Unis, mais le groupe français ne pourra pas se voir imposer d’amende par la SEC car il n’est plus côté aux Etats-Unis depuis 2004. Alstom est accusé d’avoir versé des pots-de-vins à un membre du Parlement indonésien et à des dirigeants de Perusahaan Listrik Negara PT (PLN), une compagnie électrique contrôlée par l’Etat indonésien, dans le cadre d’un contrat de 118 millions de dollars portant sur la centrale électrique de Tarahan, situé sur l’île indonésienne de Sumatra. C’est en enquêtant sur ce contrat que la justice américaine aurait découvert des preuves d’autres pots-de-vins dans des contrats portant sur des projets énergétiques en Indonésie, en Inde et en Chine. En mars, le groupe avait déclaré coopérer avec la justice américaine. L’accord conclu devrait être officiellement annoncé la semaine prochaine. Il viendrait retirer un obstacle important au rachat par General Electric des activités énergie d’Alstom. Mais Alstom n’est pas à l’abri d’autres amendes. Le groupe a été accusé de pots-de-vins dans au moins cinq pays, depuis que la commission fédérale des banques suisse a révélé en 2004 des documents montrant des soupçons de corruptions. Depuis, le groupe a payé plus de 53 millions de dollars d’amendes et des investigations sont toujours en cours au Royaume-Uni et au Brésil. En juillet, l’office des fraudes anglais a accusé une filiale d’Alstom de corruption dans le cadre de projets de transport en Inde, en Pologne et en Tunisie. Au Brésil, la filiale locale est suspectée d’avoir fait partie d’un cartel avec une dizaine d’autres entreprises pour se partager les appels d’offres avec ses principaux concurrents dans les transports en commun de São Paulo. Contactés, Alstom et GE n’ont pas souhaité faire de commentaire.

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